Le rôle des offices de tourisme et des syndicats d'initiative dans le paysage du tourisme français n'a cessé de se développer depuis plus d?un siècle. L'initiative privée est seule à l'origine de l'information tourisme et de l'accueil des touristes à une époque ou l'intervention publique était exclue en ce domaine. Les premiers organismes de développement du tourisme alors ont été conçus sur le modèle du « bien accueillir » suisse. C'est ainsi qu'en 1860 est crée la compagnie des Guides à Chamonix suivie du Club alpin français en 1874. Mais le premier syndicat d'initiative apparaît à Grenoble en 1889 avec comme objectif de promouvoir la ville de Grenoble et l'ensemble du Dauphiné par des actions sur l'accueil et l'information des visiteurs.
C'est toujours à l'initiative privée que l'on doit le développement des syndicats d'initiative. La forme la plus ancienne et la plus répandue que vont emprunter ceux-ci sera l'association de droit privé de type loi 1901 qui favorise l'émergence d'un volontariat actif et bénévole et constitue un lieu de concertation où les opérateurs socio-économiques locaux peuvent largement s'exprimer. Ces structures privées vont précéder les actuels offices de tourisme qui peuvent revêtir des formes juridiques plus diversifiées.
"C'est ainsi que l'Association des Amis d'Anet crée en 1914 pour faire connaître le château d'ANET a évolué jusqu'à créer un syndicat d'initiative en 1960. En 2005 le syndicat d'initiative a été classé Office de Tourisme* étoile par décret de Monsieur le Préfet de l'Eure et Loir."
En 1959 les unions départementales d'offices de tourisme et syndicats d?initiative sont officialisées et la fédération nationale des offices de tourisme et des syndicats d'initiative (FNOTSI) est constituée en 1976. Aujourd'hui, elle regroupe 100 unions départementales et plus de 3.550 organismes, 2 390 offices de tourisme sont présents en quatre catégories 4 étoiles (70), 3 étoiles (320), 2 étoiles (1 000) et une étoile (1 000) et 1 110 syndicats d?initiative sur l'ensemble du territoire sur l'espace urbain, littoral, montagne et rural.
Ce sont des acteurs majeurs pour le tourisme français qui représente un poids économique croissant. Pour l'année 2006, les arrivées de touristes étrangers en France ont sensiblement augmenté avec une estimation à 78 millions (direction du tourisme, bilan 2006, février 2007). Ce secteur représente 6,5 % du PIB et environ deux millions d'emplois. Le tourisme représente également un élément essentiel de l'économie locale. Il n'est donc pas étonnant, dans ce contexte, que les collectivités locales se soient de plus en plus investies dans le dispositif et que, d'une part, celui-ci se soit progressivement publicisé en revêtant toutefois des formes originales et que, d'autre part, leurs missions se soient développées tout en restant encadrées.
"Lors de la création de la Communauté de Communes Val d'Eure et Vesgre, notre office a été désigné statutairement comme Office de Tourisme Intercommunal de cette Collectivité et nous avons signé une Convention d'Objectifs et de Moyens ainsi qu'une Convention Financière. Tout en conservant la structure associative qui présente de nombreux avantages, nous avons fait évoluer notre organisation administrative et comptable afin de répondre aux besoins de clarté d'un service public. Une autorisation de commercialisation nous permet de bâtir des journées clés en mains pour faire découvrir toutes les ressources du territoire de la Communauté de Communes."
Elyane Lang